Youcef Krache et Geoffroy Pithon

Pouldergat / Skol Sant Anton

En partenariat avec le Genoux Vrillé et le Festival de cinéma de Douarnenez

Youcef Krache / Photographies

Geoffroy Pithon / Peinture

(Expo en création)

Repéré par l’équipe du festival de cinéma, Youcef Krache fait parti de cette jeunesse algérienne à la recherche de ses rêves sociétaux. En 2015, dans une rue importante d’Alger, Youcef colle 220 photographies directement sur les murs ; généreuse manière de rendre à la rue ce que les ruelles lui ont offert. Ses sujets sont des scènes de vie quotidiennes. Des combats de moutons aux derniers jours de B., Youcef arpente son pays et dévoile une énergie farouche, prête à bondir, « sismographe du désir algérien » écrivait Samir Ardjoum.

L’esprit d’expérimentation, la rencontre comme élément fondateur de l’oeuvre, animent l’association du Genou Vrillé. Dans ce cadre très particulier Geoffroy Pithon rencontrera Youcef Krache. Les deux sont habituellement membres de collectifs. L’un pratique une photographie généralement en noir et blanc, très contrastée, l’autre une peinture très colorée, un barbouillage énergique, presque naïf, ponctué de textes. Mus par une même envie de se lier au monde, de s’en faire les observateurs, les commentateurs, ils cherchent, l’optimisme en écharpe, à rendre compte d’une énergie sociale, refoulée et complexe, mais partout présente.

site de Youcef Krache

SIte de Geoffroy Pithon

Ecole Saint-Antoine

En 1902, le nouveau gouvernement de Jules Combes décide d’interdire aux congrégations religieuses l’instruction des enfants. On a peine à imaginer aujourd’hui le séisme que suscite cette décision en Bretagne où la foi et l’emprise de l’Eglise restent prégnantes, particulièrement dans le domaine de l’éducation scolaire. A Pouldergat, plusieurs années sont nécessaires aux autorités de l’Etat pour parvenir à laïciser l’école des filles Saint Joseph dont s’occupe la congrégation des Filles du Saint-Esprit depuis près de 50 ans. La résistance d’une partie des habitants et des autorités locales n’est réduite qu’en 1907 par l’intervention de 60 gendarmes qui expulsent manu militari les sœurs de l’école. Las, la nouvelle institutrice laïque se plaint au préfet d’insultes, de manuels brûlés et surtout de la désaffection des jeunes filles de la commune. Une grande partie d’entre elles suivent, en effet, l’école clandestine organisée par les sœurs réfractaires. Condamnées en justice, sur dénonciation de l’institutrice, les sœurs se mettent en quête d’un terrain sur la commune et, avec l’aide des paroissiens, construisent en un an une nouvelle école sous le patronyme de Saint-Antoine en se gardant bien d’en devenir les enseignantes. Dans l’entre-deux-guerres, cette école accueillera 160 jeunes filles en moyenne chaque année. A la même époque, l’école publique des filles, dans les locaux de l’ancienne école Saint-Joseph, dépassera rarement la quinzaine d’écolières. Fermée en 2008, l’école Saint-Antoine est investie par le collectif artistique « le Genou Vrillé » en 2013.