Julien Laforge

Place de l’Enfer/ Douarnenez

Bois, colle, peintures / En partenariat avec le Port Musée et l’espace André Malraux / (Expo en création)

Qu’il exerce au Bénin, au Mexique ou dans le Nord de la France, Julien Laforge s’intéresse aux gestes des artisans, aux formes, aux traditions, aux pratiques contemporaines. C’est en questionnant ces domaines à la fois perpétuels et changeants que ses projets d’installations se développent. Pour cette nouvelle création, Julien sera accueilli au Ateliers de l’Enfer. Les différents temps qui animent la ville inspireront sa réalisation : temps de la pêche, de la construction navale et de la fête ; otium et negotium émaneront des formes dégoulinantes, presque liquides, bigarrées des fonds de pots de peinture récupérés sur les chantiers maritimes.

site de l’artiste

Place de l’Enfer

Place de l’Enfer. Quel nom ! An infern, en breton, désigne le lieu d’en bas, en l’occurrence, ici, une petite crique sur le versant ouest de la commune, dans la ria de Pouldavid où depuis très longtemps s’échouait quelques barques de pêcheurs. Ce n’est qu’en 1901 que cette petite anse est comblée pour prolonger les quais du Port-Rhu et devient une place bordée d’entrepôts et d’usines. En l’espace d’un siècle, le commerce de la sardine pressée puis, surtout, en conserve a littéralement transformé le petit port de pêche douarneniste. On recense un peu plus de 4000 habitants en 1851, ils sont près de 10 000 trente ans plus tard. 600 chaloupes sardinières se cognent alors les flancs dans le port du Rosmeur à l’est et une quarantaine de conserveries s’égrènent le long de la côte et crachent leur fumée odorante dans le ciel de la baie. Douarnenez est devenu le plus grand port sardinier français et, le Port-Rhu, à l’ouest de la commune, le port de commerce de cette activité qui polarise désormais la vie économique, sociale et politique de la commune. Plus de 200 lougres, goélettes ou sloops accostent dans la ria chaque année dans la seconde partie du 19ème siècle. Ils sont emplis des denrées nécessaires à l’industrie de la sardine. Débarque du sel, de bois dont on fait les tonneaux ou les chaloupes, de la houille ou du charbons gallois, de l’huile et de la rogue norvégienne, l’appât que jette à l’eau les pêcheurs pour attirer les bancs de sardines dans leurs filets droits. A l’embarquement, quasi exclusivement, des milliers de tonnes de sardines à l’huile. La mystérieuse disparition du poisson argenté de la baie de Douarnenez à l’orée du 20ème siècle, puis les deux guerres mondiales marquent le délitement de l’activité commerciale du Port-Rhu. L’installation sur la Place de l’Enfer du Port-Musée au début des années 1990 puis celle de la médiathèque redonne vie à cet espace, dorénavant éminemment culturel.