ExSitu

Phare du Millier / Beuzec-Cap-Sizun

Back-up / Installation sonore, lumineuse, électronique et numérique (expo en création)

Partis faire à vélo une boucle de 18905 kilomètres, le duo ExSitu, Fanch Dodeur et Barth Péron, exhibent au phare du Millier leur cabinet de curiosités. Chaque jour, ils ont ramassé un objet. Ce rituel a rythmé l’activité de leur atelier nomade. Les 1000 choses récoltées, entre babioles de facture humaine et particularités naturelles, sont la trace de la relation que l’humain entretient avec son monde. ExSitu s’approprie des méthodes scientifiques dans une quête entre art et science. La fabrication des outils fait partie du processus de création, brouillant ainsi la distinction entre visite d’atelier et installation artistique. Cette étagère électronique à 1000 objets devient data-center, sauvegarde de la mémoire d’un voyage.

Phare du Miller

On a toutes les peines à s’imaginer aujourd’hui l’intense activité maritime dans la baie de Douarnenez à la fin du 19ème siècle. Douarnenez est alors le plus grand port sardinier français. C’est dans cette baie protégée que les bancs de sardines terminent leur remontée de l’Océan Atlantique durant l’été. Chaque jour des chaloupes, par centaines, tirent des bords, cognent leurs flancs. Les pêcheurs veulent être les premiers sur les zones de pêche ou, au retour, pour vendre au meilleur prix le poisson argenté qui sera immédiatement traité dans les dizaines de conserveries qui désormais jalonnent le littoral douarneniste.

Pour faciliter, entre autres, le retour au bercail de ses milliers de pêcheurs, la commission nautique des marins de Douarnenez demande la construction d’un feu chargé de signaler l’entrée de la baie. En 1881, la maison-feu du Millier jette ses premiers éclats jusqu’à 12 miles nautiques : deux occultations toutes les 6 secondes. La maison-feu du millier n’a pas l’aura du phare d’Ar Men qui est mis en service la même année. Son histoire n’est pas accompagnée de la même mythologie que le phare de Tévénec à quelques miles de là. Cependant, isolé dans ce coin de lande magnifique, dominant la baie d’une trentaine de mètres et l’esthétique de sa lanterne en façade s’appuyant sur une saillie semi-circulaire, lui donne un charme irrésistible. Jusqu’en 1993, date de son automatisation, la maison-feu du Millier sera habité par des gardiens, souvent accompagnés de leurs femmes qui jouent un rôle d’auxiliaire. Depuis le début du 20ème siècle, les sardines, elles, ne fréquentent plus que parcimonieusement la baie.