Brigitte Ritschard et Anne Da Silva

Dessus des Halles, Audierne

Brigitte Ritschard / Citrons pressés et sachets de thé (expo en création)

Lorsque le temps devient proustien, boulimique, il se délecte de lui-même. Les rituels deviennent souvenirs d’eux-mêmes. Le premier sachet de thé usager qui interpelle Brigitte est celui que sa fille colle sur une vitre avant de quitter la maison familiale. Ce geste singulier est le premier geste que des milliers suivront. Le rituel du thé devient l’occasion d’une accumulation d’enveloppes de gaze, d’assemblages fragiles et aériens. Le recyclage, écrit Brigitte Ritschard, crée une instabilité de l’objet en le substituant de tout ce qui est définitif, de sa mort annoncée. Ainsi, elle recycle les pétales de roses jetés lors des mariages, les brouillons de sa thèse, et depuis peu, les demi-citrons pressés.

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Anne Da Silva / Peaux de poissons, fil et diffusion sonore (expo en création)

Face aux œuvres d’Anne Da Silva, on peine à identifier l’origine des matériaux. Elle les récolte dans la nature ; os, plumes, peaux, écorces, graminées ou racines. Ils sont transformés suivant des techniques artisanales qui mêlent pratiques ancestrales et innovation. Tannant ses peaux de poissons au pied du phare de l’île Wrac’h, son esprit divague entre nécropsie des dorades et cénotaphes marins. Cette pratique manuelle répétitive l’amène à songer à l’attente de ceux qui sont partis en mer, à l’absence, à l’attente pour horizon, à ceux qui restent arrimés au vide.

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Les halles

Les halles couvertes d’Audierne sont inaugurées en 1975. Elles prennent place à l’endroit où se trouvait les garages de l’Hôtel de France. Celui-ci a longtemps été un emblème du tourisme dans le Cap Sizun. Avec l’arrivée du train à Quimper puis l’ouverture de la petite ligne entre Douarnenez et Audierne en 1891, les premiers touristes s’aventurent dans cet extrême ouest. Balnéaire, leurs motivations est aussi empreinte de l’imaginaire romantique véhiculé par de nombreux artistes tout au long du siècle. Ils ont décrit complaisamment les us et coutumes immémoriales des populations ainsi que les paysages sauvages et primitifs des contrées bretonnes les plus reculées.

En 1996, la municipalité attribut l’étage des halles aux associations. En 2011, la salle est rénovée et sa lumière zénithale lui confère une vocation d’espace d’exposition. L’association Art’ria et les Arts à la Pointe investissent les lieux chaque année pour exposer des artistes et des œuvres contemporaines.